Cotation en bourse des TPE/PME : « Ce que l’on a imaginé dans les années 80, on peut le refaire »

Cotation en bourse des TPE/PME :
« Ce que l’on a imaginé dans les années 80, on peut le refaire »

Rédaction : Melissa CARLES
Rédaction NetPME – publié le 24/11/2017 à 07:00

Coter son entreprise en bourse lorsque l’on est dirigeant d’une petite société, c’est possible. Les dirigeants de CiiB (Conseil en Ingénierie et Introduction Boursière) nous éclairent sur cette méthode de financement encore peu utilisée.

Cotation en bourse des TPE/PME

« Il n’y a pas assez de petites entreprises qui connaissent les mécanismes de l’introduction en bourse », constate Jean Salwa. Ce « vétéran de la bourse », comme il se qualifie, est à l’origine de la création du Marché Libre, marché boursier français régulé, non réglementé et utilisé par les petites entreprises.

Le 19 juin 2017, ce dernier a changé de nom et est devenu Euronext Access. Une nouvelle qui a réjoui Jean Salwa, également président de CiiB (Conseil en Ingénierie et Introduction Boursière), listing sponsor pour Euronext Access. Il voit dans cette transformation du Marché Libre un retour au « Second Marché de 1983, qui a révolutionné les mentalités des propriétaires de TPE/PME françaises ».

Cet ancien courtier, entré à la Bourse de Paris en 1949, souhaite « faire renaître cet état d’esprit, cette envie de devenir actionnaire », en particulier pour les petites entreprises.

L’âge d’or de la cotation en bourse des petites entreprises

Jusqu’en 1990, il existait six bourses régionales françaises (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy et Nantes), auxquelles s’ajoutait celle de Paris. Selon Jean Salwa, ces places avaient un grand intérêt pour les TPE-PME.

« Lorsqu’une PME locale cherchait un financement, se rappelle-t-il, elle s’inscrivait dans sa bourse régionale et les habitants, qui connaissaient souvent l’entreprise, étaient plus enclins à investir. »

Avec l’ouverture du Second Marché de la Bourse de Paris en 1983, dédié aux PME, le nombre d’actionnaires en France est passé de 1,5 million en 1982 à 9,5 millions. Un véritable succès.

L’ouverture du Nouveau Marché, en 1996, a entraîné la fermeture de son prédécesseur. Celui-ci, encore en vigueur aujourd’hui, a pour mission de favoriser l’accès à la cotation en bourse des start-up et autres PME à fort potentiel de croissance. Sa création a également contribué à la baisse du nombre d’actionnaires français, aujourd’hui inférieur à 3 millions.

Ainsi, pour le président de CiiB, Euronext Access représente un nouveau modèle qui « permet aux TPE/PME qui ne remplissent pas encore toutes les conditions de devancer l’appel, de s’introduire en bourse beaucoup plus tôt, de se faire connaître et de lever des fonds plus aisément ».

Réussir sa cotation en bourse

Un accès facilité à la cotation ne garantit pas pour autant le succès. Une stratégie reste indispensable.

Depuis sa création en 1987, CiiB a introduit en bourse 54 TPE-PME, pour une levée de fonds totale de plus de 100 millions d’euros. Jean Salwa recommande aux dirigeants de proposer des actions à bas cours afin d’attirer les investisseurs.

« On propose aux Français d’acheter et de vendre des actions du dirigeant à condition que ce dernier réinjecte les bénéfices dans l’entreprise », explique-t-il.

D’autres recommandations, telles que « considérer les intérêts des épargnants de la même façon que ceux du chef d’entreprise » ou encore « préparer la pérennité de l’entreprise dix à vingt ans à l’avance en désignant un successeur (familial, salarié ou actionnaire) », contribuent également à la réussite d’une cotation.

Un réel investissement du chef d’entreprise

Se coter en bourse présente trois avantages majeurs, selon Didier Salwa, directeur général de CiiB : acquérir une notoriété pouvant être mondiale, obtenir des liquidités et renforcer les fonds propres.

Cette démarche implique toutefois un engagement important du dirigeant, qui doit consacrer au moins deux journées par mois au suivi de la cotation. Un listing sponsor peut l’accompagner, de manière temporaire ou continue, selon ses besoins. Les coûts sont intégrés aux montants que le dirigeant souhaite lever.

« Ce que nous proposons aujourd’hui n’est pas nouveau, conclut Jean Salwa. Ce que l’on a imaginé dans les années 80, on peut le refaire. »

Source : Article NetPME (archive)