Article fondateur de CiiB (1981) et des Carnets d’Annonces
Histoire de la finance · PME · Actionnariat populaire
Article fondateur du CiiB publié en juin 1981 dans le bulletin du Comité interentreprises de Paris et des sept bourses régionales, Revue mensuelle intersyndicale CFDT, CGT, FO, CGC.
Pour l’orientation de la Bourse vers le financement des entreprises
« La priorité essentielle de la politique économique et sociale du gouvernement est d’assurer les besoins liés à la croissance économique et à la création d’emplois. »
C’est en ces termes que débute la lettre de mission de la Commission « Protection et développement de l’Épargne », créée en septembre 1981 à la demande du Ministre des Finances et du Président de la République.
Parmi les objectifs à atteindre, il est précisé : « Permettre aux entreprises – en développant les capitaux à risque – de trouver les fonds propres qui leur sont nécessaires ».
Tous les gouvernements précédents avaient cette préoccupation, mais avec moins de détermination, notamment envers les PME-PMI.
Un marché financier qui se referme
Malgré les réformes successives (unification coulisse/parquet en 1962, création de la C.O.B. en 1968, loi Monory en 1978, rapport Pérouse en 1981), le rôle de la Bourse dans la reconstitution des fonds propres des entreprises n’a cessé de reculer.
En 1975, 800 sociétés représentaient près de 60 % de la valeur ajoutée de l’économie française. En 1981, il ne restait plus que 580 sociétés, représentant 45 %, chiffre appelé à tomber autour de 30 % avec les nationalisations.
L’accélération de l’endettement des entreprises
Depuis 1974, le ralentissement économique a profondément dégradé la situation financière des entreprises. Les apports en fonds propres étant insuffisants, l’endettement a atteint des niveaux préoccupants, voire catastrophiques.
Les frais financiers représentent en moyenne 7 % du chiffre d’affaires, pouvant atteindre 10 à 12 % pour les entreprises en difficulté. Beaucoup ne travaillent plus que pour payer intérêts et agios.
Il manque à la Bourse un réseau commercial
La réticence des Agents de change à développer le financement direct des entreprises par la Bourse s’explique notamment par :
- la crainte de perdre leur monopole de cotation,
- la dépendance vis-à-vis des banques pour la collecte des ordres,
- l’absence de réseaux commerciaux propres sur le territoire.
Près de 80 % des ordres de Bourse transitent par les banques. La suppression de ces relations entraînerait la disparition économique des charges d’agents de change.
Les PME-PMI : principales créatrices d’emplois
Les PME-PMI représentent près de 40 % de l’économie française et sont les principaux créateurs d’emplois. Pourtant, leur actionnariat reste fermé, familial, incapable de soutenir des augmentations de capital, d’où un recours excessif à l’endettement.
Une expérience de démarchage à développer
Depuis dix-huit mois, 180 dirigeants ont été rencontrés. Tous ont montré une méconnaissance profonde des mécanismes boursiers et des possibilités offertes par l’appel public à l’épargne.
Les principaux freins identifiés sont :
- le coût et la complexité perçus de la cotation,
- la crainte de perdre le contrôle de l’entreprise,
- l’absence d’information sur les bénéfices réels de la Bourse.
Pour que la Bourse finance les entreprises
Il existe en France près de 15 000 entreprises ayant la taille suffisante pour accéder à une cotation. Quelques centaines pourraient rapidement réaliser des augmentations de capital de 5 à 10 millions de francs.
La parcellisation du capital et son ouverture à une multitude d’actionnaires constituent une véritable forme de socialisation du capital, favorable à l’économie réelle.
Je peux affirmer aujourd’hui que l’expérience engagée devrait aboutir en 1982 à des résultats positifs, si les moyens nécessaires sont accordés.
Jean SALWA – Juin 1981
Création de l’association Love Money (1983)
En 1983, création de l’association Love Money, avec pour objet de promouvoir l’introduction des TPE et PME dans les bourses régionales, et de former et protéger préventivement les épargnants face aux risques de ce type d’investissement.
Nous vous invitons à visiter le site de l’initiateur du Love Money en France : www.love-money.org.
Les investisseurs Love Money doivent pouvoir revendre leur participation et, si possible, réaliser une plus-value. Love Money a créé financecirculaire.fr afin de permettre la revente des parts souscrites.
➤ www.ciib.fr
➤ Tél. : 01 42 46 11 73
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